RAVAGES À « LA GALERIE A7 » – AGEN

L’artiste peintre Laëtitia Lanic, artiste associée de l’Atelier Galerie A7, situé au22 rue Richard Coeur de Lion à Agen, présente une grande partie de ses oeuvres, lors de l’exposition RAVAGES qui débute le vendredi 9 octobre et se déroule jusqu’au 5 novembre. Depuis de nombreuses années, Laëtitia Lanic mène une recherche sur les matériaux et les procédés de la peinture. Elle s’est inspirée de la technique «a tempera» pour chercher la lumière, dans la transparence des glacis.

Sa démarche s’inscrit dans une expérimentation, mêlant ainsi tradition et modernité.

Choisir sa toile de coton ou de lin, la tendre sur un châssis, choisir son panneau de bois, encoller et préparer son support, broyer ses propres couleurs, tous ces procédés l’ont amenée à faire des choix esthétiques. Parmi les liants qu’elle utilise pour broyer ses couleurs, il y a l’huile de lin et l’acrylique. Cependant, ces dernières années, elle a cherché un moyen plus pertinent pour aller vers la « transparence totale », c’est- à-dire vers une matière particulière qui produirait des films de couleur transparents ou translucides.

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Rencontre avec l’artiste

– Parlez-nous un peu de votre parcours…

– Dire que je suis née à Agen et que j’ai quarante et un ans n’a que peu d’intérêt, il me semble…

En revanche, je peux dire que je peins depuis toujours.

Après un baccalauréat A3 (philosophie et arts) au Lycée Bernard Palissy d’Agen, j’ai suivi un cursus universitaire à Bordeaux III en Arts Plastiques, où j’ai été la disciple de Pierre Garcia qui m’a initiée aux règles du métier et aux techniques anciennes.

Je me suis aussi intéressée à l’art du vitrail, au trompe-l’oeil et à la technique de la fresque. Depuis une dizaine d’années, je me consacre exclusivement à mon travail de peintre.

– Laëtitia Lanic, pourquoi avez-vous choisi de peindre ?

Ce n’est pas un choix, la peinture est le moyen d’expression qui s’est imposé à moi. C’est par elle, à travers elle que la confrontation avec le monde est possible. Le monde du dehors et le monde du dedans. Au fond, il s’agit toujours d’un aller-retour entre extérieur et intérieur, entre la lumière du dehors et la lumière du dedans. Entre les deux, la frontière est poreuse. Le tableau se situe à cet endroit précis, il est cette frontière floue.

– Le tableau serait donc une sorte de frontière ?

– Oui, il est une frontière entre le monde et moi. Pour moi, l’espace du tableau est vécu comme un espace de méditation, un lieu pour représenter un non-lieu. Il est comme un passage, le seuil d’une porte dont le franchissement n’en finit pas d’avoir lieu.

– Comment concevez-vous votre pratique de la peinture ?

– Je pense faire partie d’une génération de peintres qui cherchent à renouer avec les règles de ce qui fut, jadis, un métier. Un métier tombé dans l’oubli à partir du milieu du XVIII ème siècle sans doute, essentiellement à cause de deux facteurs :

la fin de la peinture classique

– et l’avènement de la société industrielle : l’industrie va alors proposer aux peintres de nouveaux matériaux déjà préparés et va ainsi les « délester » de certaines opérations de l’ancien métier. Par conséquent, le métier avec ses règles a pu leur paraître astreignant, le travail de la matière semble avoir eu alors peu d’intérêt à leurs yeux.

La connaissance des règles qui régissent ce métier, même si elles paraissent contraignantes, donne finalement plus de liberté dans la création, puisqu’elle permet d’accroître les possibilités d’élaboration de la matière. Certains peintres modernes et contemporains ont perdu la conscience de leur métier, et comme disait Einstein, « science sans conscience n’est que ruine de l’ âme ».

Une rencontre qui a tout changé?

J’étais encore lycéenne lorsque j’ai découvert la peinture de Mark Rothko, éminent peintre américain d’origine russe. Sa peinture faisait partie du courant que l’on a appelé « expressionnisme abstrait américain » bien que lui-même ait toujours refusé toute étiquette…Je prends conscience alors, à travers sa peinture, de l’importance de la couleur et de l’impact de celle-ci sur la psychologie de celui qui la regarde. Je devais en faire l’expérience physique bien plus tard, à la Tate gallery de Londres, ce fût pour moi un choc esthétique, une fascination, j’étais littéralement hypnotisée face à ses toiles de très grand format.
Si aujourd’hui je suis peintre, je le dois un peu à Mark Rothko et à cette émotion vécue à ce moment précis, dans ce musée.

Tu ne te sépares jamais de…?

Mon blaireau…non pas l’animal bien sûr… il s’agit d’une brosse en poils de blaireau, à l’origine c’est une brosse de peintre-décorateur qui permet de flouter la peinture encore fraîche et d’obtenir un fondu parfait entre deux couleurs.

« Il parait que les artistes… sont séparés du commun des mortels : ils ne sont pas comme les autres » ?

Je ne pense pas que les artistes soient séparés du commun des mortels, chacun de nous a un talent particulier pour quelque chose, certains le découvrent et d’autres pas. Selon moi, avant toute idée d’esthétisme, un artiste a une fonction sociale, celle de réparer le monde, ce que l’on nomme dans la tradition juive par  » tikkun olam «  : la réparation du monde. L’art a une fonction symbolique, celle de RE-présenter et l’artiste est celui qui prend en charge cette mission.


Ton/Tes prochains grands projets ?

Un voyage à Florence au printemps 2016, je ne me lasse pas de découvrir ce merveilleux pays qu’est l’Italie et un autre projet professionnel et amical dont je ne peux pas encore parler.

Une destination dans le Sud Ouest :

Nous sommes dans une région très riche en histoire, en patrimoine et en paysages…c’est donc très difficile.
Cependant, j’adore faire de longues randonnées en montagne et il y a un lieu magique auquel je pense, perdu très haut au cœur des Pyrénées, c’est le Cirque de Troumouse voisin de celui de Gavarnie mais moins connu mais tout aussi spectaculaire. Il y a là-bas une faune et une flore exceptionnelle en Europe.

Une spécialité locale :

Mes origines paysanne et périgourdine me font penser à une spécialité locale très ancienne. C’est une spécialité exclusive du Périgord Noir, il s’agit de la mique sarladaise, c’est une pâte à pain levée et cuite dans un bouillon de légumes que l’on mange avec un petit salé. C’était à l’origine, un plat de pauvres. La préparation de ce plat est très longue, ma grand-mère s’y prenait la veille et il fallait être nombreux le lendemain, autour de la table… 

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